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L'Héritage des Lycans
Le dernier impur

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À propos

Autrice : Apart Stephanie

Editeur : Editions Maïa

ISBN : 979-1042518400

Type De Couverture : Broché

Format : 13.50 x 21.50 cm

Nombre de page : 220 pages

​​

​Prix : 21€

Genre :

  • Dark Fantasy

  • Heroic Fantasy

  • Magie métamorphique

 

​Thématiques abordées

  • ​Conflit & héritage

  • Quête identitaire

  • Épopée épique

4e de couverture

Il y a mille ans, la Grande Guerre a divisé les terres. Depuis, humains et Lycans coexistent dans une paix aussi fragile qu’un souffle. À Havrenuit, un village oublié des cartes, un enfant né de l’interdit tente de vivre tant bien que mal entre silence et regards méfiants. Satéphia, guerrière et exécutrice du clan Akwar, accomplit les missions que son père lui confie. Pendant ce temps, d’autres marchent vers leur destinée, guidés par la magie, l’émancipation… ou le sang. Les secrets enfouis depuis des générations remontent à la surface. Une fresque sombre, une histoire de transmission, de survie, et d’héritage. Stéphanie Apart est passionnée de fantasy sombre et d’univers où l’héritage façonne le destin. L’Héritage des Lycans est son premier roman, mêlant mystère, tension et symboles puissants. Elle y explore les lignes troubles entre l’obéissance et la révolte, le passé et l’avenir.

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Chapitre de découverte

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CHAPITRE I
Les Ombres de la Taverne

  Sous le voile de la nuit, accroupie sur le bord du toit, Satéphia balayait la rue de ses yeux vert émeraude, l’air contrarié. La lumière de la lune soulignait les angles de son visage sévère, encadré par des mèches rebelles qui s’échappaient de sa capuche. Sa main tapotait nerveusement le pommeau de l’une de ses dagues. 
      Ainsi, malgré son talent incontesté dans l’art de tuer, elle était désarmante lorsqu’on découvre sa principale faiblesse : une tendance maladive à se perdre, qu’il s’agisse de rues labyrinthiques, d’un manoir inconnu ou même d’un chemin direct en pleine forêt. 
       Derrière elle, Zéphyr, patiemment assise, semblait prête à exploser et finit par rompre le silence :
      -    Alors, on se promène sans but ou tu comptes vraiment trouver cette taverne ? Parce que là, on tourne en rond depuis un bon moment… 
      -    Silence, Zéphyr. Je vérifie notre position. 
      -    Oh, bien sûr, bien sûr. Prends ton temps. Ce n’est pas comme si nos provisions s’épuisaient ou qu’il y avait des gardes partout. 
      -    Je sais parfaitement où nous sommes. 
      -    Évidemment. C’est juste que… Cette maison en pierre, avec ce volet bleu, on l’a croisée il y a une heure. Et, si je me souviens bien la dernière fois que tu m’as dit « Je sais où nous sommes », on a fini dans un marécage. 
      -    Oui, là, ce n’est pas une forêt… bougonna-t-elle. 
      -    Maître Satéphia, perdue sur les toits de la ville, trop fière pour admettre qu’elle ignore où elle est… chantonna Zéphyr. 
      -    Ça suffit ! Si tu sembles tant savoir où aller, alors montre-moi le chemin. 
      Zéphyr se redressa souplement, s’étira un instant, puis se retourna vers Satéphia avec un sourire en coin.
      -    Avec plaisir ! Dit-elle
      D’un bond léger, elle sauta sur le toit voisin, ses pas assurés trahissant une aisance surprenante. Satéphia la suivit sans un mot, soulagée de voir qu’elle s’avait réellement où aller. 
      La jeune fille est une humaine, aux longs cheveux noirs, généralement noués en deux tresses négligées, ce qui laisse toujours des mèches rebelles s’échapper ici et là. Son visage a des traits encore juvéniles, mais déjà empreints d’une maturité bien au-delà de son jeune âge. Ses yeux sont d’un marron si foncé qu’on aurait pu les croire noirs. 
      Satéphia l’avait trouvée seule, affamée, dans une forêt, le corps brisé par l’épuisement. À moitié morte, mais refusant de lâcher prise. Elle aurait pu l’ignorer, mais une sensation en elle l’avait incité à la sauver et depuis ce jour, Zéphyr est devenue son ombre. Son élève, son fardeau… ou peut-être sa seule véritable attache… 
      -    Et depuis combien de temps sais-tu où nous sommes ? 
      -    Depuis un moment déjà ! 
      -    Rappelle-moi de te donner une tâche particulièrement pénible dès notre retour au clan. 
      -    Ah, la vengeance… un signe que j’ai touché juste ! 
      Elles continuèrent à marcher, Satéphia en silence, Zéphyr toujours souriante, profitant de sa petite victoire. Quelques minutes plus tard, elles atteignirent enfin l’arrière de la taverne. 
      -    Reste ici ! C’est à moi de gérer cette affaire, ordonna Satéphia en se tournant vers Zéphyr. 
      -    Tu es sûre ? Souviens-toi, il faut agir vite et surtout ne pas se faire remarquer. 
      -    Je sais ce que je fais, Zéphyr. Fais-moi confiance.
      -    Très bien, mais si tu te fais repérer, on est bon pour une course poursuite à l’issue… 
     -    Assez. Un mot de plus… et tu verras que ce que tu as vécu jusqu’ici n’était qu’un échauffement, répondit Satéphia en approchant son visage de celui de Zéphyr, chuchotant avec une pointe de menace. 
      -    Compris, maître. Je serai aussi silencieuse qu’une ombre. 
      Satéphia ajusta sa cape pour dissimuler les deux dagues placées sur ses hanches, descendit du toit et se dirigea vers la porte de la taverne. Avant d’entrer, son regard s’attarda un instant sur l’enseigne. 
Zéphyr, restée à l’extérieur, s’adossa au mur, les sens en alerte, prête à intervenir si nécessaire. 
     -  J’ai l’impression que cette scène s’est déjà jouée… comme la dernière fois, on va finir par courir pour échapper aux gardes. Préparons-nous à détaler… elle soupira légèrement, un sourire amusé aux lèvres, anticipant les événements à venir. 
      Cette taverne, en pleine ère de paix, se dresse au carrefour de deux mondes : celui des humains et des Lycans. L’extérieur affiche une architecture hybride : des poutres en bois massif sculptées dans le style humain, mêlées à des gravures et des totems lycan. Une grande bannière délavée, sur laquelle sont brodées une lune et une chope, flottait au-dessus de la porte. 
      À l’intérieur, l’atmosphère est chaude et vivante grâce à la cheminée massive. Celle-ci est construite en pierre brute, les gravures sur son manteau racontent des récits anciens de batailles. Le foyer est large, assez grand pour accueillir un feu vif qui réchauffe toute la salle, même durant les nuits les plus glaciales. 
      Autour d’elle, des bancs et des fauteuils de bois massif sont recouverts de fourrures épaisses. C’est un lieu empli de rires, de discussions animées et de musique. Un barde joue d’un instrument étrange, fusion des traditions des deux espèces. Les tables sont fabriquées à partir d’un bois sombre et solide, usé par le temps. 
      Au plafond pendent des fanions aux couleurs des deux peuples, leur tissu est taché et effiloché, un rappel du temps où ces mêmes emblèmes flottaient sur les champs de bataille. Les clients sont tout aussi variés que la décoration : des chevaliers humains arborant encore leurs anciennes armures côtoient des mineurs lycan, leurs armes à portée de main, mais désormais reléguées à des accessoires de parade. 
      Des rires retentissent alors qu’un lycan massif et un forgeron humain partagent un bras de fer sur une table, leur amitié bruyante alimentée par des chopes de bière mousseuse. Ils étaient servis par une serveuse aux formes généreuses et à l’air fatigué, ses cheveux retenus par un foulard orné des armoiries de la taverne. 
      Derrière le comptoir, le tenancier, au regard vigilant, essuie des chopes tout en gardant un œil sur les discussions qui s’échauffent parfois. L’air sent le cuir, le tabac et les épices venues de contrées lointaines. Dans un coin sombre, des murmures conspirateurs trahissent ceux qui regrettent encore les jours de guerre, des dissidents des deux espèces qui rêvent de raviver l’ancienne haine. 
      Dans cette taverne, une jeune femme du nom d’Amélia s’assit à une table, enveloppée dans une cape d’un blanc immaculé qui dissimule presque entièrement sa silhouette, ne laissant deviner que des mouvements fluides et gracieux. La cape, bien que modeste dans sa simplicité, amplifiait son allure énigmatique, donnant l’impression qu’elle se fondait dans la lumière ou qu’elle pourrait disparaitre à tout moment. Un serveur s’approcha d’elle et lui demanda aimablement ce qu'elle désirait boire. Elle lui répondit par une phrase brève : 
      -    Une cervoise tiède, s’il vous plaît ! 
      Ce n’est que lorsque le serveur, mal à l’aise, vint lui poser sur sa table sa demande qu’elle retira son capuchon. Ses cheveux blonds, longs et soyeux, glissaient comme des fils d’or sous la lumière, encadrant un visage délicat au teint pâle, presque éthéré. Ses yeux vairons attiraient immédiatement l’attention : l’un, d’un bleu profond, évoque le calme d’un lac sous un ciel d’hiver, tandis que l’autre, d’un vert éclatant, rappelle la vivacité de la nature. Son regard, simultanément doux et perçant, dégage une aura mystérieuse. 
      Elle remercia le serveur d’un regard bref quand vint subitement une femme ivre qui vacillait, son rire bruyant résonnant au-dessus du brouhaha ambiant, et s’assit à la table d’Amélia. Celle-ci eut un sourire, se leva, vida sa chope d’une traite et alla s’accouder au comptoir. Elle commanda une seconde cervoise que le tenancier s’enquerra prestement de lui servir dans la première chope qu’il trouva et dont la propreté était des plus discutables. 
      Amélia tourna le dos au comptoir, fixa l’ivrogne avec un regard perplexe, oscillant entre amusement et désapprobation. Les autres clients suivaient la scène d’un œil discret, certains amusés, d’autres agacés, alors que l’atmosphère semblait suspendue, comme si chacun attendait la suite des événements. 
      L’ivrogne se leva brutalement pour demander une bière au serveur passant devant sa table et se rassit aussi vite avant de perdre son équilibre. Le serveur, tout d’abord réticent à cette requête, obéit et ramena ce qu’elle avait commandé. 
      Après seulement quelques gorgées, la porte de la taverne s’ouvrit pour laisser place à une silhouette tout de noir vêtu et dont une mèche dépassait de la capuche. Son regard balaya la pièce, à la recherche d’un visage, puis d’un mouvement brusque et fluide, se dirigea vers le centre d’attention de la taverne. 
      -    Je t’ai enfin trouvé. 
      -    Bonsoir Satéphia, il a fini par t’envoyer, répondit l’ivrogne. Je n’ai qu’une question, morte ou vive ? 
      -    Morte, répondit-elle sèchement. 
      -    Je vois que tu n’as pas changé, fais donc ce que tu as à faire… 
      D’une précision glaciale, Satéphia plongea sa lame dans le cœur de la femme avec une grâce presque chorégraphique. Son visage resta de marbre, ses mouvements dénués de toute hésitation. La victime s’effondra lentement au sol, son dernier souffle s’échappant dans un silence poignant. L’instant de stupeur céda rapidement la place au chaos. Les témoins, d’abord figés, éclatèrent en cris et en mouvements désordonnés, la panique envahissant l’espace. Profitant du tumulte, Satéphia se fond dans la foule avec une habileté déconcertante, ses pas légers et rapides la guidant vers la sortie. En un instant, elle disparut, laissant derrière elle le chaos et une empreinte de mort qui plane sur la scène. 
      Amélia sentit son cœur battre à tout rompre. L’adrénaline lui nouait la gorge tandis qu’elle jetait un regard affolé autour d’elle. Elle glissa une main sous sa cape, fouilla dans ses poches et en ressortit une poignée de pièces. Pas assez, elle le savait. Mais, ce n’était pas le moment de compter. Elle les lança sur le comptoir sans un mot, le tintement métallique à peine audible dans le brouhaha qui gagnait la taverne. Déjà, son regard s’accrochait à la silhouette sombre qui venait de s’engouffrer dans l’obscurité de l’entrée. D’un pas décidé, elle se mit en mouvement. Une bourrasque glaciale lui fouetta le visage alors qu’elle franchissait la porte, son manteau claquant dans le vent. Sans réfléchir, elle s’élança à sa poursuite. 
      Satéphia s’élança dans les ruelles étroites, ses pas rapides et silencieux résonnaient à peine sur le pavé humide. Elle était complètement perdue dans ce labyrinthe de dédales, zigzaguant entre les obstacles. Derrière elle, une odeur qui semblait la suivre. Soudain, elle bondit, attrapant le rebord d’une fenêtre. Avec une aisance déconcertante, elle grimpa, atteignant le toit d’une bâtisse. Le vent fouettait son visage, mais elle restait concentrée. Son nez frémit, son odorat aiguisé captant une odeur subtile et familière dans l’air : une odeur de cervoise tiède. Elle ne perd pas de temps. Son regard se pose sur le beffroi imposant qui domine la ville.  Elle décide alors d’y grimper, afin de non seulement prendre de la hauteur, repérer son poursuivant, mais également retrouver Zéphyr.
       Par une succession de bonds calculés, elle se propulse de toit en toit. Chaque mouvement est précis et fluide. Arrivée au sommet du beffroi, elle s’accroupit, son regard perçant scrutant les ombres en contrebas. 
De son côté, Amélia avançait avec une détermination farouche, ses yeux scrutant le vide où l’ombre s’était évaporée. L’air glacé mordait ses joues, mais elle n’y prêtait pas attention. Son objectif était clair : rattraper cette femme, coûte que coûte. Ignorant le danger, elle suivait son instinct, chaque tournant l’entraînait plus profondément dans l’obscurité de la ville. Sa respiration devenait de plus en plus irrégulière, un mélange de frustration et d’excitation la rendait aveugle aux pièges de son environnement. Elle s’arrêta brusquement. Devant elle, une haute muraille de briques sombres. Une impasse. 
         Le silence pesant de la nuit enveloppait l’endroit, le son de ses propres pas résonnait encore dans son esprit. Elle se retourna vivement, ses yeux fouillant l’obscurité, un frisson d’inquiétude glissant le long de sa colonne vertébrale. Elle comprit trop tard qu’elle s’était aventurée sur un terrain inconnu. L’air devint soudain oppressant, elle réalisa que la chasse venait de changer de camp. 
      Satéphia, dissimulé sur les hauteurs, surveillait attentivement sa cible. Elle fondit silencieusement, ses pas feutrés presque imperceptibles. Elle se glissa derrière Amélia, qui restait figée de peur. D’un geste rapide et précis, elle plaça ses lames dans le dos de son ennemie. 
      -    Tu n’aurais jamais dû me suivre. Marmonna Satéphia, sa voix résonnant comme un écho lugubre dans l’étroite ruelle. 
      Amélia ne bougea pas d’un pouce, son dos frôlant les lames de l’ombre. Son esprit travaillait à toute vitesse. Ses options étaient limitées, mais la peur ne la dominait pas. 

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