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Corosalia
Hors série : Alix

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À propos

Autrice : Siana R MILANS

Editeur : Auto édition

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Type De Couverture : Broché

Format : 15.24 x 1.85 x 22.86 cm

Nombre de page : 325 pages

ISBN : 979-1097814731

​​​Prix : 17 €

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Type De Couverture : Relié

Format : 15.24 x 1.85 x 22.86 cm

Nombre de page : 325 pages

ISBN : 979-1097814779

​​​Prix : 22 €

Genre :

  • Dark fantasy psychologique

  • Fantasy introspective

  • ​Romantasy (LGBT)

  • Fantasy dramatique

 

​Thématiques abordées

  • ​Quête d’identité

  • Lumière et ténèbres

  • 18+ / Mature

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4e de couverture

Un symbole gravé sur sa peau, une énergie qui pulse dans ses veines.
Alix n’a jamais su qui elle était vraiment… jusqu’à ce que son monde bascule. Dans les ombres et la lumière de son esprit et de Corosalia, elle découvrira que chaque choix, chaque rencontre, peut changer le cours du destin.
Entre mystère, magie et secrets enfouis, Alix devra apprendre à écouter ou non la voix qui résonne en elle.
Son voyage ne fait que commencer. Et le monde attend qu’elle choisisse son chemin.

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Chapitre de découverte

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Prologue

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  Alix avait toujours été consciente de sa différence. Du plus loin que remontaient ses souvenirs, elle percevait le monde avec une acuité que peu possédaient. Chaque son, chaque parfum, chaque mouvement semblait danser autour d’elle avec une clarté que les autres n’avaient pas. Et pourtant, tout ce qui précédait ses dix ans demeurait un grand vide, un espace silencieux où ses souvenirs s’effaçaient comme des ombres fuyantes. Les morceaux manquants de sa mémoire, elle ne les connaissait qu’à travers les récits de sa mère ou de son père, surtout de ce dernier, dont la voix portait parfois un écho de mystère qu’elle sentait vibrer au fond de son être.
        Les nouveaux vicomte et vicomtesse de Damira, une région reculée du sud, avaient fui le château royal après l’attaque, cherchant avant tout à se protéger et à échapper aux soldats de l’empire de Jacar. Dans la précipitation, Alix, ses parents et Eddy quittèrent le château, abandonnant les dorures et les salons majestueux pour se réfugier dans le modeste manoir de campagne qui les attendait, enveloppé de silence et de verdure, loin des échos de la guerre.
        Là-bas, elle menait une vie plus simple, mais cela ne la dérangeait pas. Elle se laissait porter par le rythme des saisons, savourant le calme et la liberté loin du protocole et des contraintes du palais. N’ayant aucun souvenir d’avant l’attaque, elle ne pouvait pas vraiment comparer, mais elle devinait que sa mère n’était pas heureuse ici. Celle-ci rêvait de bals somptueux, de fêtes éclatantes et de mille fanfreluches dont la seule évocation faisait frissonner Alix d’un mélange de gêne et d’incompréhension.
        Pourtant, il n’en avait pas toujours été ainsi. Ses parents venaient d’horizons modestes. Son père, un marchand courageux, peinait à faire fortune, tandis que sa mère essayait de joindre les deux bouts grâce à ses dons de voyance. Le tournant de leur vie était survenu avec la naissance d’Alix. Elle était venue au monde portant sur l’avant-bras gauche une marque élémentaire, un signe rare qui annonçait un destin hors du commun.
        Ses parents avaient alors demandé audience auprès de la Reine, le cœur lourd mais plein d’espoir. Dans la grande salle aux murs ornés de tapisseries scintillantes, la souveraine avait posé son regard sur Alix avec une attention rare. Après un long silence, elle avait confirmé qu’il s’agissait bien d’une marque, celle de l’eau, un signe d’une puissance exceptionnelle. Reconnaissant le potentiel unique de l’enfant, elle avait ordonné que le statut de la famille soit révisé, les élevant ainsi dans la hiérarchie sociale et changeant à jamais le cours de leur destin.
        Elle leur avait attribué une propriété digne de leur nouveau statut : un vaste domaine agricole étendu sous le soleil éclatant du Sud, parsemé de champs fertiles et de vergers odorants, ainsi qu’un manoir assez confortable pour abriter la famille sans faste excessif. Aux yeux d’Alix, ce refuge semblait parfait, un havre de tranquillité où les pierres, les poutres et le jardin respiraient la simplicité et la liberté, loin du tumulte du palais et des exigences du protocole. Elle aimait se perdre dans les allées du domaine, sentir l’odeur de la terre après la pluie, écouter le vent danser à travers les arbres, et rêver que ces lieux seraient son monde, sa sécurité, son tout.
        Mais cette nouvelle ascension sociale, avec ses privilèges étincelants, avait rapidement apporté son lot de responsabilités au vicomte. Il devait désormais veiller au bon fonctionnement du domaine, superviser les récoltes, organiser le travail des habitants et rédiger des rapports détaillés à l’attention du comte, son supérieur. Chaque décision, même minime, avait des répercussions sur la vie de ses gens, et il sentait peser sur ses épaules le poids de cette autorité nouvellement acquise, bien loin de la simplicité de ses débuts.
        Le père d’Alix était donc toujours absorbé par ses tâches, et elle peinait à le voir autant qu’elle l’aurait souhaité. Pourtant, malgré ces rares instants partagés, un lien profond et tendre les unissait. Les sourires, les mots échangés, les gestes de protection tissaient entre eux une complicité silencieuse mais indéfectible, un fil invisible qui les rapprochait malgré l’éloignement imposé par ses responsabilités.
        Elle se souvenait encore de ces soirées où, enfin, son père rentrait à la maison. Elle sautillait jusqu’à lui, s’asseyait sur ses genoux et écoutait, fascinée, ses récits de marché d’avant le changement : les rencontres, les négociations, les marchandises singulières qu’il avait dénichées. Sa voix grave et chaleureuse la berçait comme une mélodie rassurante, et, pendant quelques instants, le poids du monde semblait s’alléger. Ces moments, rares mais intenses, étaient pour elle de véritables trésors. Elle savait qu’il faisait tout pour les protéger, même si son absence pesait souvent sur leur quotidien, et cette conscience ajoutait une valeur précieuse à chaque sourire échangé.
        Malgré la complicité qu’elle partageait avec son père, Alix passait la plupart de ses journées à éviter sa mère. Cette dernière, refusant de se laisser abattre par l’effondrement de la famille royale, s’acharnait à vouloir propulser sa fille toujours plus haut dans la société. Elle ne cessait de lui répéter, avec une rigueur presque douloureuse, les bonnes manières à adopter, la posture à tenir, la voix à moduler, comme si tous les détails pouvaient sceller le destin d’Alix. Les leçons, les corrections, pesaient sur l’adolescente comme une chape de plomb, et elle apprenait à se mouvoir avec prudence, craignant le jugement incessant de sa mère.
        -    «â€¯Alix, une dame ne marche pas comme une paysanne. Regarde-toi, tiens-toi droite, avance avec grâce, insistait-elle, le ton ferme mais empreint d’espoir. Sois toujours impeccable, tirée à quatre épingles, on ne sait jamais qui peut arriver sans prévenir. Nous ne sommes plus de simples paysans… ni de modestes marchands. Il faut que notre rang se voie en toi, qu’il se reflète dans chacun de tes gestes, chacune de tes paroles… »
        Mais Alix n’avait que faire de sa condition. Curieuse et passionnée, elle se voyait davantage en scientifique qu’en jeune dame parfaite, avide d’apprendre et de percer les mystères, qu’ils soient physiques ou magiques, que recelait ce monde. Elle préférait passer ses journées le nez dans les livres, l’esprit absorbé par les énigmes et les expériences, plutôt que d’écouter les conseils insistants de sa mère sur la démarche féminine idéale pour séduire un homme de haut rang. Chaque page tournée était pour elle une échappatoire, un souffle de liberté loin des attentes pesantes qui l’entouraient.
        Heureusement, cet acharnement connaissait parfois quelques instants de répit. Sa mère concentrait surtout son énergie sur l’éducation d’Eddy, un jeune homme d’un an son aîné. Eddy, lui aussi, portait le poids d’une histoire compliquée, et c’est à la demande de la Reine que la mère d’Alix l’avait pris sous son aile, assumant la responsabilité de veiller sur lui avec une vigilance scrupuleuse. Ces moments offraient à Alix un peu de liberté, l’occasion de respirer loin des exigences incessantes qui pesaient sur elle.
        Il bénéficiait d’un traitement encore plus strict qu’Alix en matière de protocole et de bonnes manières, ce qui lui offrait à elle les moments de répit tant espérés. Un soir, alors que la vicomtesse venait de disparaître derrière la porte du salon, Eddy s’effondra lourdement dans le fauteuil en face d’Alix, l’air las et les épaules affaissées, comme si le poids de toutes les règles imposées pesait sur lui d’un seul coup. Un soupir franchit ses lèvres, mêlant fatigue et exaspération, et pour un instant, la tension du manoir sembla s’alléger autour d’eux.
        -    « Je te jure, elle est pire qu’un général en campagne, souffla Eddy en roulant des yeux, le corps affaissé dans le fauteuil comme si tous les mots de sa mère adoptive pesaient sur lui. J’ai l’impression d’être un soldat qu’on prépare pour une guerre où je ne veux même pas aller. Toujours à me dire comment parler, marcher, respirer… Je finis par me demander si je pourrai un jour souffler. Elle est pire que le Capitaine Morigon, celui qui nous fait suer à la caserne. Sérieusement, on dirait qu’elle veut nous transformer en nobles parfaitement calibrés, rigides et sans âme. Je parie qu’elle a une liste secrète de “choses à proscrire avant 9 heures du matin”. Si je l’entends encore me dire de “tenir ma cuillère avec plus de grâce”, je deviens ermite.»
        Alix éclata de rire, secouant la tête avec amusement. Un éclat léger et contagieux, qui fit sourire Eddy malgré sa fatigue, et qui sembla alléger un instant l’atmosphère oppressante du salon.
        -    « Tu devrais écrire un manuel : Survivre à la vicomtesse en talons aiguilles, avec un chapitre spécial sur l’art de sourire tout en voulant la baffer. Mais au moins, on n’est pas seuls dans cette galère, répondit-elle en lui lançant un regard complice. Et puis, avec tout ce qu’on partage, elle ne pourra jamais nous briser complètement.»
        Son sourire s’élargit, un mélange de malice et de défi, et pour un instant, les tensions du manoir semblèrent s’évanouir, laissant place à cette complicité douce et indestructible qui les unissait. Eddy hocha la tête, un sourire sincère naissant au coin de ses lèvres, comme si, enfin, un souffle de légèreté avait traversé ses épaules alourdies par les obligations et les règles incessantes. Ensemble, ils savourèrent ce bref moment de répit, fragile mais précieux, loin du regard exigeant de la vicomtesse.
        -    «â€¯Tant que je peux compter sur toi pour me rappeler que je ne suis pas un pantin, ça ira. On s’en sortira, Alix. Parce qu’on est ensemble.»
        Sa voix, d’ordinaire vive et moqueuse, s’était adoucie. Dans ses yeux brillaient une détermination timide mais réelle, une chaleur rare qu’il ne dévoilait qu’à elle. On sentait qu’il s’accrochait à cette certitude comme à une bouée, et qu’Alix était, pour lui, bien plus qu’une simple compagne d’infortune : elle était son ancrage, la preuve qu’il n’était pas seul à lutter dans ce monde trop étroit pour eux. Elle était sa meilleure amie, celle sur qui il pouvait compter à chaque instant et qui jamais ne le jugerait pour quoi que ce soit. Pour lui, Alix représentait cette présence rare, solide et bienveillante, capable d’apaiser ses doutes d’un simple regard. À ses côtés, il se sentait enfin libre d’être lui‑même, sans masque ni posture imposée.
        Au début de leur cohabitation pourtant, ils n’arrivaient pas à se supporter, mais ils avaient fini par trouver l’un dans l’autre réconfort et soutien. Tous deux s’étaient alliés contre le tyran qui dictait les règles de la maison, tissant un lien solide fondé sur la complicité et la compréhension mutuelle. Le fait qu’Eddy soit lui aussi marqué d’un élément, celui de l’air, avait renforcé cette connexion, au point qu’ils étaient devenus inséparables, partageant des secrets, des éclats de rire, des frustrations. Et quand la pression de la vicomtesse devenait trop lourde à supporter, Alix savait qu’elle pouvait compter sur lui pour lui changer les idées et alléger son quotidien. Le seul bémol à ce tableau presque parfait demeurait cette présence persistante dans son esprit… un murmure, un frisson, une pensée qui s’infiltrait dans ses rêves et qu’elle n’arrivait pas à chasser. 

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