AELVAR
Les cimes de sang

À propos
Autrice : Apart Stephanie
Editeur : Auto-edition
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Type De Couverture : Broché
Format : 13.50 x 21.50 cm
Nombre de page : 250 pages
ISBN :
​​​Prix : 17.99 €
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Type De Couverture : Relié
Format : 13.50 x 21.50 cm
Nombre de page : 300 pages
ISBN : ​​​
Prix : 21.99 €
Genre :
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Dark Fantasy
-
Heroic Fantasy
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Epique Fantasy
​Thématiques abordées
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​Conflit & héritage
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Conquette
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Épopée épique
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Lien de sang​
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4e de couverture
Rejetée par les elfes comme par les orcs, Kaëlya n’a appris qu’une chose : survivre.
Pourchassée jusque dans les montagnes interdites, elle franchit la frontière d’un territoire que nul ne devrait troubler. Là où règne une créature née d’une science oubliée, devenue mythe : le Loup de Sang Ailé.
Entre la survivante et le gardien des cimes, une alliance fragile se dessine.
Mais les frontières se brisent.
Et lorsque le sang est versé, la montagne réclame justice.
Chapitre de découverte
PROLOGUE

Dans un monde où la science et la magie ont appris à coexister, à s’entrelacer jusqu’à ne plus former qu’un seul et même langage, la frontière entre le possible et l’interdit s’est peu à peu estompée. Les runes anciennes ont été traduites en équations, les flux arcaniques disséqués comme des courants électriques, et le vivant lui-même est devenu un territoire d’étude, de manipulation et d’ambition. Là où autrefois les mages invoquaient, les savants analysaient désormais, convaincus que tout pouvait être compris, maîtrisé et amélioré.
Les premières expériences furent modestes, presque anodines, portées par une curiosité sincère et un désir de progrès. Comprendre pourquoi certaines créatures régénéraient plus vite que d’autres, pourquoi certaines survivaient aux climats les plus extrêmes, pourquoi certaines semblaient défier le temps lui-même. Puis, insidieusement, cette curiosité céda la place à une autre idée, plus dangereuse encore. « Et si les forces de plusieurs espèces pouvaient être réunies en une seule ? Et si l’on pouvait créer, non plus observer ? ». Ainsi commencèrent les expérimentations biologiques hybrides.
Dans des laboratoires dissimulés au cœur de montagnes ou enfouis sous des cités scintillantes, des scientifiques mêlèrent le sang, la chair et l’essence magique de créatures anciennes. Vampires, lycans, griffons, sirène, elfe… des êtres que le monde connaissait, craignait ou vénérait, furent réduits à des fragments d’ADN, à des lignées recomposées, à des matrices vivantes. Officiellement, ces travaux visaient à repousser les limites de la survie, à comprendre l’immortalité, l’adaptation et la puissance.
Officieusement, ils nourrissaient un rêve plus obscur : celui de la création ultime.
Mais jouer avec l’ADN du vivant n’est jamais sans conséquence. Car, si la science permet de créer, elle n’enseigne ni la sagesse, ni la retenue. Très vite, les expériences échappèrent à leurs concepteurs. Des sujets instables, monstrueux, incapables de survivre sans souffrance, furent détruits, dissimulés et effacés des registres. Les laboratoires devinrent des lieux de silence et de mort, où l’on apprenait à ne plus poser certaines questions.
Jusqu’au jour où naquit ce que les archives désignèrent sous le nom de Sanguifury. Un hybride issu de la régénération vampirique, de la fureur et de l’instinct lycan, et de la puissance ailée des griffons. Contre toute attente, le sujet survécut. Un spécimen vit le jour, suffisamment stable pour défier les projections les plus pessimistes. Ce fut à cet instant précis que la curiosité scientifique se transforma en peur, car le Sanguifury n’étaient pas seulement vivants, il était doué de conscience. Les rapports parlent de regard trop lucide, de comportement stratégique, d’une intelligence silencieuse mais indéniable. Les scientifiques comprirent alors que ce qu’ils avaient créé ne pourrait jamais être contenu, ni contrôlé.
Les ordres tombèrent rapidement. Le projet fut classé, scellé, puis détruit. Les laboratoires furent rasés, les données effacées, les témoins réduits au silence. Officiellement, l’expérience n’avait jamais existé. Mais certaines créations ne disparaissent pas parce qu’on le décide. Le Sanguifury survécut et s’enfuit. Les siècles passèrent, et son origine scientifique se perdit dans les brumes du temps. Les peuples oublièrent les laboratoires, les protocoles, les manipulations génétiques. À la place, naquirent des légendes.
Dans les villages reculés, on parla d’une bête immense aux ailes sombres, couverte de sang, surgissant lorsque les frontières étaient violées. Dans les montagnes et les forêts anciennes, on chuchota le nom du Loup de Sang Ailé, gardien d’un territoire que nul ne devait profaner. Certains jurèrent l’avoir vu, d’autres affirmèrent qu’il n’existait que pour punir les monstres pires que lui.
La science avait voulu créer un outil.
Le monde avait hérité d’un mythe.
Et tandis que l’humanité continuait de jouer avec des forces qu’elle ne comprenait pas entièrement, une vérité demeurait, tapie dans l’ombre : lorsque la curiosité dépasse la sagesse, ce ne sont pas toujours les créatures créées qui deviennent les véritables monstres.

