Corosalia
Tome 2 : Terre

À propos
Autrice : Siana R MILANS
Editeur : Auto édition
ISBN : 979-1097814717
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Type De Couverture : Broché
Format : 15.24 x 2.95 x 22.86 cm
Nombre de page : 505 pages
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​Prix : 22€
Genre :
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Fantasy / Fantastique
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Young adult
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​Romantasy (Slow burn)
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Magie élémentaires
​Thématiques abordées
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​Quête d’identité
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Lumière et ténèbres
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Amitié et loyauté
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4e de couverture
Et si votre vie n’était qu’un mensonge soigneusement construit ?
Et si, au détour d’un cours de biologie, vous découvriez que vous étiez une princesse héritière d’un royaume oublié, au cœur d’un monde magique en guerre ?
Nadège pensait tout savoir de sa vie. Jusqu’au jour où elle a été projetée dans un univers qu’elle avait pourtant connu autrefois : Corosalia, terre de créatures merveilleuses et dangereuses, ravagée par une dictature impitoyable. Tandis que ses souvenirs remontent à la surface, que ses pouvoirs s’éveillent, et que la Résistance s’organise dans l’ombre, Nadège doit réapprendre à marcher, à combattre… et à aimer.
Entre un passé qu’elle ignore, un frère disparu, une guerre qui gronde et des sentiments qu’elle ne contrôle plus, Nadège devra faire un choix : se protéger, ou affronter ce que le destin lui réserve.
Et dans les ombres d’un château encore hanté par le silence…découvrira-t-elle les secrets qui y sont cachés ?
Chapitre de découverte
Corosalia ! Un pays peuplé de créatures magiques diverses et variées, qui, au grand bonheur de ses habitants, pouvaient être très surprenantes, merveilleuses, mais aussi dangereuses, voire mortelles. C’était là que nous avions atterri, avec mes amis, entre deux heures de cours de biologie en terminale scientifique, à quelques mois du baccalauréat.
Bien qu’au début nous errions dans les bois, à la recherche de la civilisation humaine, nous avions fini par trouver un groupe de rebelles. Enfin, c’était plutôt eux qui nous étaient tombés dessus. Il s’était avéré que leur chef, Zéron, nous connaissait et attendait impatiemment notre retour. Notre monde initial était bien cette planète, et non la Terre, où nous vivions en sécurité avec nos parents depuis une dizaine d’années. Un sortilège d’amnésie nous avait été jeté, limitant nos souvenirs au strict minimum, si bien que j’en avais oublié ce pays ainsi que des informations cruciales, comme le fait que je n’avais pas un frère, mais deux.
Stéphane, d’un an mon cadet, était lui sur Terre avec mes parents et la branche maternelle de mon arbre généalogique. Sébastien, mon jumeau, était visiblement resté sur Corosalia. Nul ne savait où il se trouvait, mis à part la reine, prisonnière du dictateur en place. Cette dernière était, au passage, la mère de mon père, ce qui faisait de moi une princesse héritière. Et pour couronner le tout, j’avais des pouvoirs magiques que j’ignorais complètement, jusqu’à ce qu’ils se manifestent un soir, sans que je ne m’y attende.
Jusqu’à présent, je vivais dans le sud de la France, totalement ignorante de cette double vie qui sommeillait en moi. Mon univers se résumait à une vie paisible, ancrée dans un cocon familial que je croyais immuable. Le noyau était solide, presque indestructible, et jamais je ne m’étais posé la moindre question sur l’existence d’un éventuel secret, d’une faille cachée. Pour mes grands-parents, nous étions, mon frère, ma cousine germaine Aurélie, Quentin et moi, la prunelle de leurs yeux. Une fratrie recomposée par les liens du cœur autant que par ceux du sang. Mon oncle Patrick, le frère de ma mère et sa femme Diane, ma marraine, comptaient autant que mes parents. Nous étions très proches, soudés, complices, unis dans une tendresse que rien ne semblait pouvoir ébranler. Tout comme ma tante Julia, cousine au troisième degré de ma mère, qui était la mère de Quentin. Elle faisait, elle aussi, partie de ce cercle intime et chaleureux que je considérais comme ma base, mon refuge.
Mais les révélations de Zéron avaient bouleversé tout cela, ébranlant mes certitudes et le calme apparent de mon existence. J’étais un peu perdue, comme si le sol s’était dérobé sous mes pieds. Et la situation à Corosalia n’arrangeait rien, bien au contraire. Elle ajoutait une pression sourde à une confusion déjà bien installée.
Mes dernières aventures avaient été pour le moins mouvementées. Tout s’était enchaîné au cours d’une seule et même soirée : j’avais dû sauver Alix, une vieille amie que je n’avais pas revue depuis des années, d’un monstre qui parasitait son esprit depuis une décennie. Dix ans de silence intérieur, d’ombre et de manipulation, pour la rendre complètement à sa merci. Et comme si cela ne suffisait pas, à peine avais-je eu le temps de reprendre mon souffle qu’une créature mi-dragon, mi-cauchemar, nous avait prises en chasse, déclenchant un combat brutal et désespéré. Pour un retour aux sources, on repassera.
Le combat avec la créature maléfique, bien qu’épique, avait failli nous tuer. Nous nous en étions sortis avec d’importantes blessures. Alix, qui avait été choisie par la Nymphe de l’eau, une sorte de déesse, se remettait plus rapidement de ses blessures lorsqu’elle était en contact avec cet élément. Quant à moi, j’étais restée alitée plus longtemps, mon processus de guérison étant devenu complexe à cause de la magie qui circulait en moi.
Pour faciliter ma convalescence, j’avais été placée en soins intensifs afin de récupérer de mes blessures. Émilie, l’infirmière du château, s’était investie corps et âme dans ma guérison. Elle veillait sur moi jour et nuit, dormant à peine, et prenait soin de m’administrer des fortifiants au goût infect de framboise. Malgré tout, le traitement avait porté ses fruits. Au bout de deux semaines, je commençai enfin à reprendre du poil de la bête. Voyant mes progrès, Émilie m’avait enfin autorisée à quitter l’infirmerie pour retourner dans ma chambre. Mais elle continuait à veiller sur moi, passant toutes les deux heures pour faire un point sur mon état. J’avais interdiction de quitter le lit, et des gardes avaient été postés devant la porte ainsi qu’au pied de mes fenêtres.
Dans l’ensemble, je me sentais nettement mieux. L’énergie magique revenait doucement en moi, me renforçant un peu plus chaque jour. Les cicatrices laissées par l’altercation s’effaçaient peu à peu. Les plâtres qui immobilisaient mon bras et ma jambe avaient été remplacés par des attelles, me laissant un peu plus de liberté. Chaque jour, je suivais mes séances de kinésithérapie avec Jack, un infirmier qui venait en renfort d’Émilie. Jack était devenu ma principale source de divertissement et de bonne humeur. Toujours masqué sur le bas de son visage, pour me protéger des microbes, il jouait souvent avec, me faisant éclater de rire. Pourtant, malgré ces moments de légèreté, le temps me semblait interminable.
Mes amis venaient me rendre visite en coup de vent, chaque fin d’après-midi, mais ne restaient jamais longtemps, un quart d’heure tout au plus. C’étaient les consignes d’Émilie. D’après ce qu’ils m’avaient raconté, leurs journées étaient bien chargées. En plus des cours avec un précepteur chaque matin, ils avaient des séances intensives d’entraînement au combat l’après-midi. Zéron, ne voulant pas que les événements ayant conduit à mon état se reproduisent, avait pris des mesures drastiques.
En plus de cela, Arnaud et Robin remplissaient leur temps libre avec un programme d’entraînement physique intensif. Margaux s’était lancée dans l’étude des griffons, une passion qui ne la quittait plus. Quant à Quentin, mon cousin au second degré, il s’attelait à la découverte des nouvelles technologies de ce pays. Je ne les voyais donc pas beaucoup.
Pour essayer de m’occuper, Zéron faisait venir chaque matin une préceptrice particulière qui me dispensait quelques cours : mathématiques, littérature… et surtout histoire et géographie de Corosalia. Quant à Alix, elle avait été autorisée à reprendre le cours de sa vie, tandis qu’Émilie me surprotégeait malgré mes affirmations de bonne santé.
- « Je ne veux prendre aucun risque, avait-elle affirmé un jour en m’examinant. Vous êtes l’héritière du royaume. De votre santé dépend notre survie. Zéron partage mon avis. »
Ils étaient tous les deux unis contre moi, pour me ménager. Zéron était un commandant des Lames-Blanches, une unité d’élite luttant contre les monstres issus de la magie noire. Depuis le coup d’État de Jacar, une Lame-Blanche devenue Lame-Noire, Zéron avait pris le commandement de la résistance et luttait contre la dictature fraîchement installée. Son dernier exploit avait été de retrouver l’accès au château royal, enfoui sous une montagne par Jacar. Cette découverte avait coïncidé avec mon retour, ainsi que celui de mes amis, sur cette planète. La résistance avait ensuite établi son quartier général dans le château royal.
Mais il restait encore beaucoup de travail avant d’optimiser totalement le domaine. C’est ce que Sarah et Eddy m’avaient expliqué un jour lors de leur visite hebdomadaire. La résistance gagnait en ampleur et la mobilisation des civils s’intensifiait dans tout le pays. Ainsi, Adrien et Mathieu avaient dû partir prêter main-forte à un camp retranché avant d’être rapatriés au château. Je ne les avais pas vus durant toute ma convalescence, mais Sarah m’avait assuré qu’ils allaient bien. Margaux me tenait régulièrement informée de leur position et de leur progression, étant en contact permanent avec Mathieu. Leur relation, désormais officielle, ne se cachait plus et se vivait au grand jour. J’étais contente pour ma meilleure amie, même si le contexte géopolitique n’était pas un havre de paix.
- « Ça t’arrivera à toi aussi, m’avait-elle confié un après-midi, alors que nous prenions le goûter toutes les deux dans ma chambre.
- Oh, je ne suis en aucun cas pressée, lui avais-je avoué. J’ai d’autres chats à fouetter… »
Tomber amoureuse ou avoir un petit copain était vraiment le dernier de mes soucis. Ce qui m’obsédait depuis que j’étais clouée dans ma chambre, c’était d’obtenir des renseignements sur mon frère disparu, sur mon histoire… et de tenter de démêler l’enchevêtrement de nœuds qu’était devenue ma vie.
Prologue



