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Ailior
Destin brisé

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À propos

Autrice : Siana R MILANS

Editeur : Auto édition

ISBN : 979-1097814779

Type De Couverture : Broché

Format : 15.24 x 2.95 x 22.86 cm

Nombre de page : 505 pages

​​

​Prix : 17€

Genre :

  • Darkromantasy

  • ​Romantasy (Slow burn)

  • EnemiesToLovers

  • TouchHerAndYouDie

 

​Thématiques abordées

  • Esclavage

  • Dystopie médiévale

  • Survie

  • Hybrides mi-hommes mi-aigles

  • Mature/+18

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4e de couverture

Dans un royaume où la terreur règne, Ina n’est qu’une jeune femme parmi tant d’autres… jusqu’au jour où elle est vendue pour éponger les dettes de son père et attire l’attention du Seigneur héritier. Entre séduction, manipulation et combats pour la liberté, elle découvre la cruauté des puissants et la force qui sommeille en elle.

Pour sauver ceux qu'elle aime, elle devra faire des choix impossibles, affronter sa propre peur et accepter un sacrifice ultime. Dans ce monde où le bien et le mal se mêlent, aucune vie n’est totalement blanche… ni totalement noire.

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Chapitre de découverte

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Prologue

  Ailior était une terre désolée où la nature et les peuples mouraient lentement. C’est là que je suis née. Moi, Ilina, humaine, venue au monde dans une famille misérable, avec à peine un toit au-dessus de nos têtes. Tout le monde m'appelait Ina, bien plus court et plus pratique visiblement. J’avais dix-neuf ans, pas un sou en poche, et je vivais encore chez mes parents. J’étais fille unique. Mes parents avaient bien eu d’autres enfants, mais ils avaient tous péri. Deux à l’accouchement : ma mère n’avait pas réussi à les mettre au monde, dans notre modeste chaumière. Pour notre culture, ils n’avaient donc jamais existé, car ils n’avaient pas de nom.
Puis, il y eut mon grand frère, Hertys, de trois ans mon aîné. Il avait été porté disparu lors d’un éboulement dans la mine où il travaillait. Et pour finir, ma petite sœur, Jélina, qui nous avait quittés à son cinquième printemps, emportée par la variole. Il ne restait donc plus que moi. Et autant dire que je n’étais ni l’espoir ni la fierté de mon père. À la mort de Hertys, il avait sombré dans l’alcoolisme, prétendant que notre famille n’avait plus d’avenir.
       À Ailior, je ne voyais pas vraiment l’avenir que nous pouvions espérer. Le pays était divisé en cinq contrées géographiques. Au nord-ouest se trouvaient les basses terres, une zone humide et marécageuse. À son opposé, côté Est, s’élevaient des montagnes escarpées formant la chaîne des Anges, dont les cimes étaient visibles depuis presque tout le pays. Au sud s’étendait une région fertile, riche en cultures, en pêche et en chasse. La région d’Armira se composait de plaines et de forêts verdoyantes, foisonnantes de gibier. Au sud-ouest, là où je vivais avec ma famille, la zone était bien moins fertile, et encore moins propice à une vie paisible et épanouie : Mortéciria. Rien que le nom n’annonçait rien de bon. Il y avait bien un peu de maraîchage, certes, mais le cœur de l’activité reposait sur les mines, où travaillaient la majorité des hommes. L’extraction des différents minerais était supervisée par les soldats, qui rapatriaient l’intégralité des ressources vers la dernière province : Valina.
       Située au centre du pays, la ville était le pôle de commandement et la position stratégique de notre souverain, le seigneur Orthos. Une puissante famille d’Aigliers y régnait, une lignée à moitié humaine, à moitié aigle. Leurs traits portaient la marque de cette ascendance : des regards durs, presque dorés, capables de glacer le sang, des ongles trop longs et recourbés, semblables à des serres, et parfois même des plumes sombres perçant la peau de leurs avant-bras ou de leur nuque.
Ils se drapaient dans des manteaux brodés de symboles sacrés, représentant l’aigle divin, ailes déployées, serres refermées sur un cœur humain. Ce signe était partout : gravé dans la pierre des palais, frappé sur les étendards, brûlé à même la chair des esclaves marqués comme du bétail.
       Ils avaient été désignés par les dieux pour gouverner et protéger cette terre, disait-on. Mais depuis des générations, ils ne régnaient plus que par la terreur et la force. Ils terrorisaient la population, réduisaient les plus faibles en esclavage et imposaient des rituels de soumission censés rappeler à chacun sa place.
       Chaque année, lors de la Lune Haute, ils organisaient des cérémonies dans la grande cour de Valina : des prières hurlées, du sang versé, et des serments arrachés à genoux. Ceux qui refusaient disparaissaient. Les autres apprenaient à baisser la tête, convaincus que désobéir aux Aigliers revenait à défier les dieux eux-mêmes.
Heureusement, j’étais bien loin de leur influence, car, à part les aiglions, les soldats de la garde, anciennement humains, transformés pour servir et faire régner la volonté de nos dirigeants, nous ne subissions que peu leur emprise dans la région de Mortéciria. Je vivais donc avec mon père, alcoolique et mineur, et ma mère, lavandière. Depuis mes quinze ans, l’âge minimum pour quitter l’école, je l’aidais dans sa tâche. À cette époque, mon père avait estimé que continuer d’étudier était superflu et qu’il était temps pour moi de ramener de l’argent à la maison.
       Quelques années plus tard, mon frère était mort, ce qui avait supprimé un revenu important de notre foyer. Depuis, nous nous serrions la ceinture. Mon père dilapidait l’essentiel de sa bourse en alcool et en jeux, à la taverne du village, soir après soir. Je préférais éviter de croiser son chemin lorsqu’il rentrait ivre. Il avait tendance à me faire payer la disparition de mon frère aîné à coups de poing. Autant dire qu’à la maison, la peur avait fini par remplacer toute forme de chaleur.
       Heureusement, il y avait Yvan. Mon seul rayon de soleil dans toute cette noirceur. Il travaillait lui aussi à la mine, dans la section diamant. Il gagnait assez bien sa vie et économisait en vue de notre mariage. Nous nous connaissions depuis l’enfance. Il avait deux ans de plus que moi et faisait partie des amis de mon frère. C’est lorsqu’il avait commencé à travailler à la mine avec lui qu’il s’était mis à s’intéresser à moi.
Au début, je rêvais d’aventure, de contrées lointaines, d’une autre vie, loin de cette misère et de cette infamie. Mais la réalité et les poings de mon père m’avaient vite rattrapée, et épouser Yvan était devenu la meilleure chose à faire. Il était gentil et attentionné, ce qui le distinguait profondément des autres hommes de mon entourage.
       Physiquement, il était grand, avec des cheveux foncés, légèrement auburn, mi-longs. Ses yeux verts ne passaient pas inaperçus ; ils portaient une douceur rare à Ailior et savaient m’apaiser d’un simple regard, illuminant son visage aux traits durcis par la vie. La mine l’avait endurci, son corps s’était étoffé à force de piocher et de pelleter toute la journée, mais cette rudesse s’arrêtait à sa peau.
       On aurait pu dire qu’il était beau, à sa façon, mais ce n’était pas cela qui comptait. Yvan ne levait jamais la main, ne haussait jamais la voix sans raison. Avec lui, je pouvais respirer. À ses côtés, je me sentais en sécurité, comme si, pour quelques heures au moins, le poids d’Ailior cessait de peser sur mes épaules.
       Nous n’avions pas grand-chose, mais chaque fois que je voyais Yvan, il avait toujours un bouquet de fleurs sauvages pour moi. C’était une attention délicate, et cela faisait partie de ce que j’aimais tant chez lui. Il était simple, et il appréciait la vie pour ce qu’elle était, sans en attendre de miracles.
       Il voulait que je l’épouse depuis plusieurs années déjà. La loi nous y autorisait, mais j’avais préféré attendre encore un peu. Yvan pouvait être appelé dans la garde des aiglions jusqu’à l’âge de vingt-deux ans. Si cela arrivait, nous aurions dû nous séparer, car un aiglion ne peut avoir d’épouse. Et une femme ayant déjà été mariée, surtout si elle a des enfants, ne retrouve généralement pas d’autre mari.
       Pour éviter que je me retrouve à la rue, Yvan et moi avions donc choisi d’attendre avant de nous unir devant les dieux et les hommes. Même si le temps me paraissait long chez mes parents, sous le même toit que mon père et son grand ami : l’alcool, je tenais bon, pour lui.
       Mais mon géniteur était une grande ombre au tableau. Ses seuls moments de lucidité étaient le matin, au réveil, et encore, s’il n’était pas déjà embrumé par la veille. Et lorsque la clairvoyance se manifestait, elle ne durait jamais longtemps. Il était un puits sans fond, buvant tout ce qui pouvait lui tomber sous la main. L’alcool avait commencé à marquer sa peau, creusant des crevasses profondes et des plis prématurés, et la mine n’arrangeait rien. Son dos se voûtait, ses genoux avaient de plus en plus de mal à le porter, mais malgré cela, il continuait, encore et toujours, à boire.
       Il portait sur lui cette odeur âcre d’éthanol fermenté dont il ne se défaisait jamais. Quand il arrivait dans une pièce, on pouvait le sentir bien avant qu’il n’y entre. J’avais pris l’habitude d’éviter de rester entre les mêmes quatre murs que lui. Au vu de la haine qu’il me vouait, c’était bien trop dangereux.
       Ma mère s’était mise à fabriquer de l’alcool maison, laissant fermenter du miel dans de l’eau ou d’autres plantes, afin qu’il puisse se saouler sans trop dilapider le peu d’argent qu’elle et moi parvenions à ramener à la maison. Elle y mettait toute son attention, ajustant les doses, surveillant la fermentation, comme si ces petits flacons pouvaient préserver un semblant de paix dans notre foyer.
       Les temps étaient durs, mais nous avions la chance d’avoir un petit potager et quelques poules, qui nous permettaient de subvenir, au moins en partie, à nos besoins. Les légumes étaient maigres, les herbes parfois racornies par le soleil ou la sécheresse, et les poules pondaient au compte-gouttes, mais c’était mieux que rien.        Nous ne mangions pas toujours à notre faim, certes, mais nous mangions tous les jours. Et rien que ce petit repas quotidien, partagé dans le silence ou sous les paroles douces de ma mère, avait une valeur inestimable, surtout lorsqu’on voyait autour de nous combien d’autres familles luttaient pour un seul morceau de pain.
Même dans la misère et sous le poids de mon père, ivre et menaçant, cette routine fragile, ce mélange de débrouillardise et de petites attentions, formait un cocon ténu dans lequel je pouvais respirer, malgré tout. Chaque bouquet de légumes du potager, chaque œuf trouvé dans le poulailler, chaque gorgée d’eau sucrée fermentée, était une petite victoire sur la misère, et je m’accrochais à ces gestes simples comme à des étoiles dans la nuit noire de ma jeunesse. Je pensais que ma vie resterait simple et je ne savais pas encore que tout allait basculer. 

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